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Prospection10 min de lecture9 Septembre 2026

Tableau de suivi de prospection : les 12 colonnes et les 7 statuts qui le rendent utile

Olivier de Captely

Olivier de Captely

Head of Growth

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Un tableau de suivi de prospection est un fichier qui liste les contacts abordés, l'état d'avancement de chacun et la prochaine action à mener, avec sa date. Douze colonnes suffisent. Sa fonction n'est pas d'archiver ce qui a été fait, mais de rendre visible ce qui est en retard.

Cette page donne les colonnes à retenir, les statuts à utiliser, les trois indicateurs à calculer et les signaux qui indiquent qu'un tableur ne suffit plus. Elle complète notre guide de la prospection commerciale B2B.

Qu'est-ce qu'un tableau de suivi de prospection ?

C'est le registre des contacts en cours de traitement commercial, tenu ligne par ligne. Chaque ligne porte une personne, pas une entreprise : deux interlocuteurs chez le même client avancent rarement au même rythme et n'ont pas reçu les mêmes messages.

Il se distingue du fichier de prospects, qui est une simple liste de coordonnées, et du pipeline commercial, qui suit des affaires chiffrées après la qualification. Le tableau de suivi couvre l'espace intermédiaire : entre le premier message envoyé et le moment où une opportunité existe vraiment. Les volumes qu'il doit absorber se calculent en amont, dans le plan de prospection.

Quelles colonnes mettre dans un tableau de prospection ?

Douze, réparties en trois groupes : qui est la personne, où en est l'échange, et quelle est la suite. Le troisième groupe est celui qu'on oublie, et c'est le seul qui rend le tableau utilisable au quotidien. Sans date de prochaine action, un tableau ne se consulte plus au bout de trois semaines.

ColonneGroupePourquoi elle est là
Nom et prénomIdentitéLa ligne suit une personne, pas une société
EntrepriseIdentitéPermet de repérer les doublons entre commerciaux
FonctionIdentitéDétermine l'argument et le pouvoir de décision
Email professionnelIdentitéCanal principal, et clé de dédoublonnage
TéléphoneIdentitéSecond canal, souvent absent au départ
SourceIdentitéDit d'où vient le contact, donc ce qu'il vaut
Date du premier contactAvancementPoint de départ de tous les délais
Canal utiliséAvancementÉvite de répéter le canal qui n'a rien donné
Nombre de messages envoyésAvancementDéclenche l'arrêt à la troisième relance
StatutAvancementPosition dans le cycle, vocabulaire fermé
Prochaine actionSuiteCe qu'il faut faire, formulé en verbe
Date de prochaine actionSuiteLa seule colonne sur laquelle on trie chaque matin

Une treizième colonne libre, appelée « note », est utile à condition qu'elle reste facultative. Dès qu'une information devient nécessaire au pilotage, elle mérite sa propre colonne : ce qui vit dans un champ de texte libre ne peut ni se filtrer ni se compter.

Quels statuts utiliser, et dans quel ordre ?

Sept statuts, ordonnés, et un vocabulaire fermé : on choisit dans une liste, on n'écrit jamais le statut à la main. Une liste déroulante évite les variantes d'orthographe qui rendent tout comptage faux, et c'est la seule contrainte technique vraiment indispensable du fichier.

StatutCe qu'il signifieSortie possible
À contacterLigne créée, aucun message envoyéContacté
ContactéPremier message parti, pas de réponseEn relance, Répondu
En relanceUne à trois relances envoyéesRépondu, Sans suite
RéponduRéponse reçue, sens non encore tranchéQualifié, Pas intéressé
QualifiéBesoin confirmé, échange engagéRendez-vous obtenu
Rendez-vous obtenuCréneau fixé, sortie du tableauPasse au pipeline
Pas intéressé, Sans suiteRefus explicite, ou silence après clôtureAucune, ligne gelée

« Pas intéressé » et « Sans suite » doivent rester distincts. Le premier est un refus exprimé, qui vaut opposition et interdit de relancer. Le second est une absence de réponse, qui autorise une reprise plus tard sur un autre angle. Les confondre fait perdre des contacts encore adressables ou en relancer qui ne le sont plus.

Comment construire le tableau dans Excel ou Google Sheets ?

Une seule feuille de données, en tableau structuré, avec la ligne d'en-tête figée. Les autres feuilles ne contiennent que des calculs qui pointent vers celle-là. Un fichier de prospection qui compte trois onglets de saisie devient incohérent en quelques semaines, parce que la même personne finit par exister dans deux d'entre eux.

Trois réglages font la différence entre un fichier tenu et un fichier abandonné : une validation de données sur la colonne Statut pour imposer la liste fermée, une mise en forme conditionnelle qui colore les lignes dont la date de prochaine action est dépassée, et un filtre enregistré sur ces mêmes lignes. Le tri par défaut se fait sur la date de prochaine action, croissante.

Quels indicateurs calculer dans un tableau de bord de prospection ?

Trois suffisent, et ils se calculent avec des fonctions de comptage. Un taux de réponse dit si les messages fonctionnent, un taux de transformation dit si les bonnes personnes sont abordées, et le décompte des actions en retard dit si le dispositif est réellement tenu.

IndicateurFormuleCe qu'il révèle quand il baisse
Taux de réponse=NB.SI(Statut;"Répondu")/NBVAL(Statut)Le message ou le ciblage, à départager
Taux de transformation=NB.SI(Statut;"Qualifié")/NB.SI(Statut;"Répondu")Les réponses viennent de personnes hors cible
Actions en retard=NB.SI.ENS(DateAction;"<"&AUJOURDHUI();Statut;"<>Sans suite")Le volume engagé dépasse la capacité de suivi

Le troisième est le plus utile et le moins calculé. Un taux de réponse qui se dégrade pendant que les actions en retard augmentent ne pose pas un problème de rédaction : il indique que des relances sont parties trop tard, ou pas du tout. La correction porte alors sur le rythme, pas sur le contenu des messages. Si c'est bien le contenu qui est en cause, nos exemples de mail de prospection donnent la structure et les modèles par situation.

Comment organiser sa semaine de prospection à partir du tableau ?

En triant sur la date de prochaine action, puis en traitant la liste du haut vers le bas. C'est la seule manière d'éviter le biais qui vide un fichier de sa valeur : traiter d'abord les contacts agréables, ceux qui ont répondu, et laisser vieillir les autres jusqu'à ce que la relance n'ait plus de sens.

Un planning de prospection commerciale tenable sépare trois moments dans la semaine, et leur donne des créneaux distincts. La création de lignes est une tâche de recherche, l'envoi une tâche de rédaction, le traitement des réponses une tâche de conversation. Les mélanger dans une même plage revient à interrompre chacune par les deux autres.

MomentCe qu'on faitColonne concernée
AlimentationCréer les lignes de la semaine, vérifier les coordonnéesIdentité, Source
EnvoiTraiter les lignes dont la date de prochaine action est échueDate de prochaine action
Traitement des réponsesMettre à jour le statut, fixer la suite ou geler la ligneStatut, Prochaine action

La règle qui tient ce planning est de ne jamais quitter une ligne sans lui avoir donné une date de prochaine action, ou un statut terminal. Une ligne sans l'un ni l'autre disparaît du champ de vision : elle ne remonte dans aucun filtre et personne ne la rouvre. C'est le mode de perte le plus courant, et il ne se voit pas, puisque le contact reste bien présent dans le fichier.

Ce qui se mesure ensuite au niveau de l'équipe, et non plus du contact, relève de l'entonnoir de prospection : combien de contacts abordés pour un rendez-vous obtenu, et où le volume se perd. Le tableau fournit les comptages, l'entonnoir en tire les ratios.

À partir de quand un tableur ne suffit plus ?

Quand la mise à jour du fichier commence à coûter plus de temps que les actions qu'il déclenche. Ce basculement ne se constate pas à un nombre de lignes précis, mais à cinq signaux, dont trois suffisent à trancher.

  • Deux commerciaux ou plus écrivent dans le même fichier, et les écrasements deviennent réguliers.
  • Plus de deux canaux sont utilisés, ce qui multiplie les colonnes de dates et les rend impossibles à tenir à jour.
  • Les relances doivent partir à des dates différentes selon les contacts, et non par vagues.
  • La même personne existe dans plusieurs lignes, sans qu'un dédoublonnage manuel puisse suivre.
  • Personne ne sait dire, sans ouvrir le fichier, combien d'actions sont en retard aujourd'hui.

Tant que ces signaux sont absents, le tableur reste le bon outil : il est gratuit, immédiat et personne n'a besoin d'être formé. Le remplacer trop tôt ajoute une contrainte sans rien résoudre. La question du moment où le suivi manuel atteint sa limite est aussi traitée dans notre page sur la prospection externalisée, sous un angle différent : déléguer plutôt qu'outiller.

Ce que le RGPD impose à un fichier de prospection

Un tableau de suivi de prospection est un traitement de données personnelles, quel que soit son format. Le tableur n'échappe à aucune des obligations qui pèsent sur un logiciel : il les rend seulement moins visibles, parce qu'aucun écran ne les rappelle.

La CNIL retient une durée de conservation de trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect pour les données utilisées à des fins de prospection commerciale. Elle précise que la seule ouverture d'un message ne constitue pas un contact de la part du prospect, contrairement à un clic sur un lien ou à une demande de documentation.

Trois conséquences directes sur le fichier : une colonne de date du dernier contact est nécessaire pour pouvoir appliquer cette règle, les lignes en statut « Pas intéressé » doivent être gelées et non réactivées, le refus valant opposition au sens de la doctrine de la CNIL sur la prospection commerciale, et le fichier ne se partage pas par pièce jointe, chaque copie devenant un traitement que plus personne ne purge. Le régime applicable aux messages eux-mêmes est détaillé dans notre page sur la prospection commerciale B2B et le RGPD.

Questions fréquentes

Combien de colonnes faut-il dans un tableau de prospection ?

Douze, plus une colonne de note facultative. Six décrivent la personne, quatre l'avancement de l'échange, deux la suite à donner. Au-delà, les colonnes supplémentaires cessent d'être remplies au bout de quelques semaines, et un tableau partiellement rempli fausse tous les comptages qui en dépendent.

Quelle différence entre un tableau de prospection et un CRM ?

Le tableau est statique et se met à jour à la main : il enregistre ce qui a été fait. Un CRM déclenche, rappelle et enregistre l'échange automatiquement, et permet à plusieurs commerciaux de travailler sur la même base sans s'écraser. La bascule se justifie quand le suivi manuel coûte plus de temps que les actions qu'il produit. Les fonctions attendues d'un outil de suivi commercial sont détaillées dans notre page sur le CRM commercial.

Faut-il une ligne par entreprise ou par contact ?

Une ligne par contact. Deux interlocuteurs de la même entreprise n'ont pas reçu les mêmes messages, n'avancent pas au même rythme et n'ont pas le même pouvoir de décision. La colonne Entreprise permet ensuite de regrouper les lignes pour repérer les doublons entre commerciaux.

Combien de temps peut-on conserver un fichier de prospection ?

Trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect, selon la doctrine de la CNIL sur les durées de conservation. Passé ce délai, l'organisme peut reprendre contact pour savoir si la personne souhaite continuer à recevoir des sollicitations ; sans réponse positive et explicite, les données doivent être supprimées ou archivées.

Faut-il un tableau de suivi distinct par canal ?

Non. Un tableau par canal empêche de voir qu'une même personne a été abordée deux fois, ce qui est précisément l'incident que le suivi doit éviter. Une colonne Canal dans un fichier unique remplit la même fonction et conserve la vision par personne.

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