Un tableau de suivi de prospection est un fichier qui liste les contacts abordés, l'état d'avancement de chacun et la prochaine action à mener, avec sa date. Douze colonnes suffisent. Sa fonction n'est pas d'archiver ce qui a été fait, mais de rendre visible ce qui est en retard.
Cette page donne les colonnes à retenir, les statuts à utiliser, les trois indicateurs à calculer et les signaux qui indiquent qu'un tableur ne suffit plus. Elle complète notre guide de la prospection commerciale B2B.
C'est le registre des contacts en cours de traitement commercial, tenu ligne par ligne. Chaque ligne porte une personne, pas une entreprise : deux interlocuteurs chez le même client avancent rarement au même rythme et n'ont pas reçu les mêmes messages.
Il se distingue du fichier de prospects, qui est une simple liste de coordonnées, et du pipeline commercial, qui suit des affaires chiffrées après la qualification. Le tableau de suivi couvre l'espace intermédiaire : entre le premier message envoyé et le moment où une opportunité existe vraiment. Les volumes qu'il doit absorber se calculent en amont, dans le plan de prospection.
Douze, réparties en trois groupes : qui est la personne, où en est l'échange, et quelle est la suite. Le troisième groupe est celui qu'on oublie, et c'est le seul qui rend le tableau utilisable au quotidien. Sans date de prochaine action, un tableau ne se consulte plus au bout de trois semaines.
| Colonne | Groupe | Pourquoi elle est là |
|---|---|---|
| Nom et prénom | Identité | La ligne suit une personne, pas une société |
| Entreprise | Identité | Permet de repérer les doublons entre commerciaux |
| Fonction | Identité | Détermine l'argument et le pouvoir de décision |
| Email professionnel | Identité | Canal principal, et clé de dédoublonnage |
| Téléphone | Identité | Second canal, souvent absent au départ |
| Source | Identité | Dit d'où vient le contact, donc ce qu'il vaut |
| Date du premier contact | Avancement | Point de départ de tous les délais |
| Canal utilisé | Avancement | Évite de répéter le canal qui n'a rien donné |
| Nombre de messages envoyés | Avancement | Déclenche l'arrêt à la troisième relance |
| Statut | Avancement | Position dans le cycle, vocabulaire fermé |
| Prochaine action | Suite | Ce qu'il faut faire, formulé en verbe |
| Date de prochaine action | Suite | La seule colonne sur laquelle on trie chaque matin |
Une treizième colonne libre, appelée « note », est utile à condition qu'elle reste facultative. Dès qu'une information devient nécessaire au pilotage, elle mérite sa propre colonne : ce qui vit dans un champ de texte libre ne peut ni se filtrer ni se compter.
Sept statuts, ordonnés, et un vocabulaire fermé : on choisit dans une liste, on n'écrit jamais le statut à la main. Une liste déroulante évite les variantes d'orthographe qui rendent tout comptage faux, et c'est la seule contrainte technique vraiment indispensable du fichier.
| Statut | Ce qu'il signifie | Sortie possible |
|---|---|---|
| À contacter | Ligne créée, aucun message envoyé | Contacté |
| Contacté | Premier message parti, pas de réponse | En relance, Répondu |
| En relance | Une à trois relances envoyées | Répondu, Sans suite |
| Répondu | Réponse reçue, sens non encore tranché | Qualifié, Pas intéressé |
| Qualifié | Besoin confirmé, échange engagé | Rendez-vous obtenu |
| Rendez-vous obtenu | Créneau fixé, sortie du tableau | Passe au pipeline |
| Pas intéressé, Sans suite | Refus explicite, ou silence après clôture | Aucune, ligne gelée |
« Pas intéressé » et « Sans suite » doivent rester distincts. Le premier est un refus exprimé, qui vaut opposition et interdit de relancer. Le second est une absence de réponse, qui autorise une reprise plus tard sur un autre angle. Les confondre fait perdre des contacts encore adressables ou en relancer qui ne le sont plus.
Une seule feuille de données, en tableau structuré, avec la ligne d'en-tête figée. Les autres feuilles ne contiennent que des calculs qui pointent vers celle-là. Un fichier de prospection qui compte trois onglets de saisie devient incohérent en quelques semaines, parce que la même personne finit par exister dans deux d'entre eux.
Trois réglages font la différence entre un fichier tenu et un fichier abandonné : une validation de données sur la colonne Statut pour imposer la liste fermée, une mise en forme conditionnelle qui colore les lignes dont la date de prochaine action est dépassée, et un filtre enregistré sur ces mêmes lignes. Le tri par défaut se fait sur la date de prochaine action, croissante.
Trois suffisent, et ils se calculent avec des fonctions de comptage. Un taux de réponse dit si les messages fonctionnent, un taux de transformation dit si les bonnes personnes sont abordées, et le décompte des actions en retard dit si le dispositif est réellement tenu.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il révèle quand il baisse |
|---|---|---|
| Taux de réponse | =NB.SI(Statut;"Répondu")/NBVAL(Statut) | Le message ou le ciblage, à départager |
| Taux de transformation | =NB.SI(Statut;"Qualifié")/NB.SI(Statut;"Répondu") | Les réponses viennent de personnes hors cible |
| Actions en retard | =NB.SI.ENS(DateAction;"<"&AUJOURDHUI();Statut;"<>Sans suite") | Le volume engagé dépasse la capacité de suivi |
Le troisième est le plus utile et le moins calculé. Un taux de réponse qui se dégrade pendant que les actions en retard augmentent ne pose pas un problème de rédaction : il indique que des relances sont parties trop tard, ou pas du tout. La correction porte alors sur le rythme, pas sur le contenu des messages. Si c'est bien le contenu qui est en cause, nos exemples de mail de prospection donnent la structure et les modèles par situation.
En triant sur la date de prochaine action, puis en traitant la liste du haut vers le bas. C'est la seule manière d'éviter le biais qui vide un fichier de sa valeur : traiter d'abord les contacts agréables, ceux qui ont répondu, et laisser vieillir les autres jusqu'à ce que la relance n'ait plus de sens.
Un planning de prospection commerciale tenable sépare trois moments dans la semaine, et leur donne des créneaux distincts. La création de lignes est une tâche de recherche, l'envoi une tâche de rédaction, le traitement des réponses une tâche de conversation. Les mélanger dans une même plage revient à interrompre chacune par les deux autres.
| Moment | Ce qu'on fait | Colonne concernée |
|---|---|---|
| Alimentation | Créer les lignes de la semaine, vérifier les coordonnées | Identité, Source |
| Envoi | Traiter les lignes dont la date de prochaine action est échue | Date de prochaine action |
| Traitement des réponses | Mettre à jour le statut, fixer la suite ou geler la ligne | Statut, Prochaine action |
La règle qui tient ce planning est de ne jamais quitter une ligne sans lui avoir donné une date de prochaine action, ou un statut terminal. Une ligne sans l'un ni l'autre disparaît du champ de vision : elle ne remonte dans aucun filtre et personne ne la rouvre. C'est le mode de perte le plus courant, et il ne se voit pas, puisque le contact reste bien présent dans le fichier.
Ce qui se mesure ensuite au niveau de l'équipe, et non plus du contact, relève de l'entonnoir de prospection : combien de contacts abordés pour un rendez-vous obtenu, et où le volume se perd. Le tableau fournit les comptages, l'entonnoir en tire les ratios.
Quand la mise à jour du fichier commence à coûter plus de temps que les actions qu'il déclenche. Ce basculement ne se constate pas à un nombre de lignes précis, mais à cinq signaux, dont trois suffisent à trancher.
Tant que ces signaux sont absents, le tableur reste le bon outil : il est gratuit, immédiat et personne n'a besoin d'être formé. Le remplacer trop tôt ajoute une contrainte sans rien résoudre. La question du moment où le suivi manuel atteint sa limite est aussi traitée dans notre page sur la prospection externalisée, sous un angle différent : déléguer plutôt qu'outiller.
Un tableau de suivi de prospection est un traitement de données personnelles, quel que soit son format. Le tableur n'échappe à aucune des obligations qui pèsent sur un logiciel : il les rend seulement moins visibles, parce qu'aucun écran ne les rappelle.
La CNIL retient une durée de conservation de trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect pour les données utilisées à des fins de prospection commerciale. Elle précise que la seule ouverture d'un message ne constitue pas un contact de la part du prospect, contrairement à un clic sur un lien ou à une demande de documentation.
Trois conséquences directes sur le fichier : une colonne de date du dernier contact est nécessaire pour pouvoir appliquer cette règle, les lignes en statut « Pas intéressé » doivent être gelées et non réactivées, le refus valant opposition au sens de la doctrine de la CNIL sur la prospection commerciale, et le fichier ne se partage pas par pièce jointe, chaque copie devenant un traitement que plus personne ne purge. Le régime applicable aux messages eux-mêmes est détaillé dans notre page sur la prospection commerciale B2B et le RGPD.
Douze, plus une colonne de note facultative. Six décrivent la personne, quatre l'avancement de l'échange, deux la suite à donner. Au-delà, les colonnes supplémentaires cessent d'être remplies au bout de quelques semaines, et un tableau partiellement rempli fausse tous les comptages qui en dépendent.
Le tableau est statique et se met à jour à la main : il enregistre ce qui a été fait. Un CRM déclenche, rappelle et enregistre l'échange automatiquement, et permet à plusieurs commerciaux de travailler sur la même base sans s'écraser. La bascule se justifie quand le suivi manuel coûte plus de temps que les actions qu'il produit. Les fonctions attendues d'un outil de suivi commercial sont détaillées dans notre page sur le CRM commercial.
Une ligne par contact. Deux interlocuteurs de la même entreprise n'ont pas reçu les mêmes messages, n'avancent pas au même rythme et n'ont pas le même pouvoir de décision. La colonne Entreprise permet ensuite de regrouper les lignes pour repérer les doublons entre commerciaux.
Trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect, selon la doctrine de la CNIL sur les durées de conservation. Passé ce délai, l'organisme peut reprendre contact pour savoir si la personne souhaite continuer à recevoir des sollicitations ; sans réponse positive et explicite, les données doivent être supprimées ou archivées.
Non. Un tableau par canal empêche de voir qu'une même personne a été abordée deux fois, ce qui est précisément l'incident que le suivi doit éviter. Une colonne Canal dans un fichier unique remplit la même fonction et conserve la vision par personne.
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