Acheter une base de données B2B est légal en France si le vendeur peut justifier l'origine des données et si les personnes ont été informées de cet usage. Vous devez ensuite les informer vous-même, au plus tard un mois après réception. Le marché pratique trois modèles : au contact, à l'abonnement, sur devis.
Cette page donne le cadre juridique de l'achat, les trois modèles de tarification et ce qui fait varier le prix, une grille de décision entre achat, location et abonnement, les garanties à exiger avant de signer, et les trois défauts qui rendent un fichier inexploitable. Elle complète notre guide de la prospection commerciale B2B.
Oui, sous conditions, et la condition principale porte sur l'origine des données. Pour une sollicitation adressée à un professionnel dans le cadre de sa fonction, la CNIL n'exige pas de consentement préalable et retient l'intérêt légitime comme base légale.
Elle pose en revanche une exigence précise quand les données viennent d'un tiers, ce qui est exactement le cas d'un fichier acheté : il faut s'assurer que la personne a été informée de l'usage possible de son adresse ou de son numéro à des fins de prospection, et qu'elle est en mesure de s'y opposer. Cette vérification vous incombe, elle ne se présume pas de la facture.
Informer les personnes vous-même, et le faire vite. Les données n'ayant pas été collectées auprès d'elles, la CNIL rappelle que l'information doit intervenir dès que possible, notamment lors du premier contact, et au plus tard dans le délai d'un mois.
Deux mentions s'ajoutent alors à celles qui sont toujours dues : les catégories de données recueillies, et la source des données, en indiquant notamment si elles proviennent de sources accessibles au public. Concrètement, cela signifie qu'un premier email de prospection issu d'un fichier acheté doit porter cette information, et pas seulement un lien de désinscription. C'est une contrainte de rédaction du message, traitée dans nos exemples de mails de prospection.
Trois modèles cohabitent sur le marché français, et ils ne se comparent pas au même prix unitaire. Le comparatif des bases de données B2B publié par Salesdorado, mis à jour en avril 2026, situe les abonnements mensuels entre une quarantaine d'euros pour les offres d'entrée et environ 350 euros pour les offres à fort volume de crédits, et le prix au contact dans une fourchette allant de 0,10 euro à 1 euro selon la profondeur de la donnée.
| Modèle | Ce que vous payez | Ce que vous obtenez | Quand il convient |
|---|---|---|---|
| Achat au contact | Un prix unitaire, une fois | Un fichier figé au jour de la livraison | Opération ponctuelle, cible stable, volume connu d'avance |
| Location | Un droit d'usage limité dans le temps ou en nombre d'envois | Des données à jour, sans propriété du fichier | Test d'un segment, campagne unique, budget contraint |
| Abonnement | Un forfait mensuel avec un quota de crédits | Un accès continu à une base actualisée | Prospection régulière, ciblage qui évolue, plusieurs utilisateurs |
Le prix unitaire apparent est le plus mauvais critère de comparaison entre ces trois modèles : un fichier acheté à 0,20 euro le contact revient plus cher qu'un abonnement si la moitié des lignes sont périmées au bout de six mois.
Cinq facteurs, et un seul est visible sur un devis. La profondeur : une ligne avec le nom, la fonction, l'email nominatif et le téléphone direct coûte plusieurs fois le prix d'une ligne d'entreprise avec une adresse générique. La vérification : un email testé récemment coûte plus qu'un email déduit d'un modèle d'adresse.
La fraîcheur : la date de dernière mise à jour de la ligne, qui est la donnée la plus souvent absente des devis. L'exclusivité : un fichier vendu à un seul acheteur se paie plus cher qu'un fichier diffusé largement, et le second arrive dans des boîtes déjà sollicitées. La segmentation, enfin : plus le ciblage est fin, plus le coût de production de la liste est élevé, et plus le volume livré est faible.
La question qui tranche n'est pas le budget, c'est la stabilité du ciblage client. Un segment stable se paie une fois ; un segment qui bouge se loue ou s'abonne, parce qu'un fichier figé perd sa valeur au rythme des changements de poste.
| Si | Alors | Pourquoi |
|---|---|---|
| Le ciblage ne bougera pas de l'année | Achat au contact | Le coût est fixe et la donnée reste valable sur la période |
| Vous testez un segment inconnu | Location | Le coût d'erreur est borné, sans stock à amortir |
| Vous prospectez toutes les semaines | Abonnement | La base se réactualise sans nouvelle négociation |
| Vous avez besoin de moins de cent lignes | Ni l'un ni l'autre | La constitution manuelle est plus fiable à ce volume |
Le dernier cas est le plus fréquent et le moins bien servi par le marché : en deçà de quelques dizaines de lignes par semaine, la méthode décrite dans notre page sur le fichier de prospection coûte moins cher que n'importe quel contrat.
Six points, à faire figurer au contrat et non dans un échange commercial. Les trois premiers protègent la conformité, les trois autres la rentabilité.
Le deuxième point est celui que les vendeurs documentent le moins et celui qui vous expose le plus, puisque l'exigence d'information préalable posée par la CNIL porte sur le fichier que vous utilisez, pas sur celui que le vendeur a constitué.
Le taux de rebond, d'abord. Des adresses invalides en nombre abîment la réputation du domaine expéditeur, et les envois suivants partent en indésirable même vers des adresses valides. C'est le seul défaut dont le coût survit au fichier : il se traite avant, par un test sur échantillon, et par les réglages décrits dans notre page sur la délivrabilité email.
Les doublons, ensuite, avec votre base existante plus qu'à l'intérieur du fichier livré : une personne déjà en cours d'échange qui reçoit une séquence d'entrée perd la relation en un message. Le dédoublonnage se fait sur le couple domaine et nom, à l'import, avant toute mise en séquence dans le tableau de suivi. Les contacts partis, enfin : une ligne dont le titulaire a changé de poste n'est pas une erreur du vendeur au-delà de quelques mois, c'est le rythme normal de dégradation d'une base figée.
Les deux voies se combinent mieux qu'elles ne s'opposent. La couche entreprise est disponible gratuitement en open data et n'a aucune raison d'être achetée : elle se constitue à partir de la base Sirene. Ce qui s'achète réellement, c'est la couche personne, celle qui n'existe dans aucune source publique française.
La méthode complète de construction, les sources officielles et la structure du fichier sont détaillées dans notre page sur le fichier de prospection. Le volume à acquérir, lui, se calcule à rebours de l'objectif, à partir des taux de passage mesurés dans l'entonnoir de prospection et du cadrage posé par le plan de prospection. Si c'est l'exécution entière que vous envisagez de confier à un tiers, et non la seule donnée, l'arbitrage est traité dans notre page sur la prospection externalisée.
Oui, à condition que le vendeur puisse justifier l'origine des données et que les personnes aient été informées de l'usage possible de leurs coordonnées à des fins de prospection, avec la possibilité de s'y opposer. Pour une sollicitation liée à la fonction du destinataire, la CNIL retient l'intérêt légitime comme base légale et n'exige pas de consentement préalable en B2B.
Selon le comparatif des bases de données B2B de Salesdorado mis à jour en avril 2026, les abonnements mensuels vont d'une quarantaine d'euros pour les offres d'entrée à environ 350 euros pour les offres à fort volume, et le prix au contact s'échelonne de 0,10 euro à 1 euro selon la profondeur de la donnée. Le prix unitaire ne suffit pas à comparer deux offres : la fraîcheur et le taux de rebond pèsent davantage sur le coût réel.
Oui. Les données n'ayant pas été collectées auprès d'elles, l'information doit intervenir dès que possible, notamment lors du premier contact, et au plus tard dans un délai d'un mois. Elle doit mentionner les catégories de données recueillies et la source des données, en indiquant notamment si celles-ci proviennent de sources accessibles au public.
Cela dépend de la stabilité du ciblage, pas du budget. Un segment qui ne bougera pas de l'année s'achète, parce que le coût est fixe et la donnée reste valable. Un segment que l'on teste ou qui évolue se loue ou s'obtient par abonnement, parce qu'un fichier figé se dégrade au rythme des changements de poste et que le stock ne s'amortit jamais.
Le seuil se négocie au contrat plutôt qu'il ne se subit, avec un mécanisme de remplacement ou d'avoir en cas de dépassement. Quel que soit le niveau retenu, la règle pratique ne change pas : un fichier acheté se teste sur un échantillon avant l'envoi complet, parce que le rebond abîme la réputation du domaine expéditeur et pénalise ensuite les envois vers des adresses valides.
Non, car la base Sirene n'en contient pas. Elle diffuse les données d'identité des entreprises et de leurs établissements, sans adresse email, sans téléphone et sans nom de contact ; la documentation du jeu de données précise que les informations relatives aux représentants légaux ne sont pas diffusées en open data. Un fichier nominatif vendu comme issu de Sirene a donc été enrichi par d'autres sources, qui sont précisément celles dont il faut demander l'origine.
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